Le conseil communautaire du 15 juin a adopté le plan triennal d'actions de Nantes Métropole en faveur de l'économie sociale et solidaire. A cette occasion, je suis intervenu pour donner l'appréciation des élus communistes.
Monsieur le président, chers collègues,
Les élus communistes soutiennent naturellement ce nouveau plan triennal donnant une dimension nouvelle à l’engagement de Nantes Métropole dans l’économie sociale et solidaire.
Les valeurs de justice sociale, d’équité, de solidarité, l’engagement individuel et collectif qu’elles impliquent sont des valeurs qui trouvent l’essentiel de leurs racines dans le mouvement social, dans le mouvement ouvrier. N’oublions pas que c’est en France que naissent au XIXe siècle, en réaction à l’ordre libéral triomphant les sociétés de secours mutuel, associations ouvrières de production, associations d’éducation populaire prolongées par la création des bourses du travail. C’est d’ailleurs tout le paradoxe quand l’on sait les difficultés qu’a connu le mouvement ouvrier à faire perdurer ces liens historiques originels.
Dans un contexte de crise du capitalisme et d’une économie de marché débridée, l’économie sociale et solidaire n’en a que plus d’intérêt pour nous permettre de devenir des « citoyennes et des citoyens économiques ». Ainsi le développement des formes coopératives de production n’est pas sans nous rappeler l’idée de « république coopérative » défendue par Charles Gide au début du XXe siècle.
Disputer l’économie au libéralisme, replacer l’homme au cœur du développement de nos sociétés, telle est bien, nous semble-t-il, l’exigence majeure de notre temps. Aussi sommes-nous évidemment très attentifs aux objectifs du programme d’action qu’il nous est proposé d’adopter aujourd’hui. Les grands axes retenus nous paraissent cohérents avec cette exigence. Nous voudrions simplement attirer votre attention sur deux aspects complémentaires au développement de l’économie sociale et solidaire qu’il nous semble indispensable de développer sous peine de réduire la portée des objectifs que nous nous assignons.
Le premier est la question du service public : à l’évidence, l’exclusion des grands services d’intérêt général de la domination des marchés financiers est une question fondamentale. Le second aspect est celui de l’emploi. Le soutien à l’activité économique dans une perspective de création d’emplois, en particulier industriels, nous paraît un autre facteur de développement humain. Aussi, il est pour nous essentiel de clarifier les champs d’intervention de l’économie sociale et solidaire. Il n’est pas juste de dire, selon nous, que c’est par l’économie sociale et solidaire que nous répondrons à l’urgence de la crise et cela parce qu’elle ne peut à elle seule satisfaire l’ensemble des besoins réels de la population.
S’il n’y a pas pour nous de développement durable sans une économie équitable, il n’y a pas d’économie sociale et solidaire véritable sans remise en cause dans toutes ses dimensions l’économie de marché.
Je vous remercie de votre attention.
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