Je participais hier au soir à un débat organisé par l'association "Cap à gauche" de St Sébastien sur les élections européennes. J'y représentais le PCF. Participaient également à ce débat des représentants du PS, des Verts, du Modem et de Libertas (De Villiers + CPNT).
Lors de cette initiative j'ai précisé la démarche des communistes à l'occasion des élections européennes du 7 juin prochain : participation à des listes de rassemblement dites "front de gauche" groupant des formations politiques et des personnalités se situant dans le prolongement du vote de gauche pour le rejet du traité constitutionnel européen en 2005. C'est ainsi qu'aux côtés du PCF, nous trouvons le Parti de Gauche de J.L. Mélenchon et l'association de la Gauche Unitaire (refusant la démarche du NPA). Le PCF estime ainsi que cette élection revêt un enjeu démocratique. Le traité de Lisbonne ne vise rien moins qu'à nier le vote sur le TCE il y a 4 ans. Pour nous, l'Union européenne doit respecter le vote des peuples. Le parlement européen dispose enfin de pouvoirs importants. 80 % des textes adoptés par les parlements nationaux sont des transcriptions en droit français de textes européens ! De fait, les deux principaux groupes du parlement européen, le PPE (conservateurs, libéraux) et le PSE (sociaux-libéraux) ont adopté une démarche consensuelle depuis 30 ans. Les orientations européennes actuelles largement imprégnées du libéralisme le plus débridé sont dues à des choix défendus par ces deux groupes. Ainsi, le plan de relance européen face n'est que l'addition des plans de relance des différents pays : ils visent à soutenir les actionnaires au détriment des salariés. La politique de la commission européenne (et pas seulement de Barroso) est celle de Sarkozy en France. C'est pourquoi le 7 juin, les électeurs pourront condamner à la fois la politique gouvernementale dans notre pays et les orientations européennes en votant pour les listes du front de gauche. Les députés du groupe Gauche Unie Européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) dans lesquels siègent les communistes sont les seuls à s'être opposés et à avoir contribué à faire échec aux directives Bolkestein, portuaires ou sur la fixation à 65 h du temps de travail légal hebdomadaire !
Pour conclure, j'ai présenté les 6 propositions du "front de gauche" face à la crise :
1) lutter contre le dumping social et la mise en concurrence entre travailleurs européens en mettant en place un SMIC européen fixé à 60 % du salaire moyen dans chaque pays. En France ce correspond à 1600 euros par mois ;
2) interdire les licenciements dans les entreprises qui font des profits
3) arrêter la libéralisation des services publics et revenir sur leurs privatisations
4) créer un pôle financier public par des nationalisations bancaires et de mettre fin à l'indépendance de la Banque centrale européenne afin qu'elle soutienne l'emploi, les salaires et l'investissement
5) rompre avec le productivisme en affrontant l'urgence écologique par le développement notamment des transports ferroviaires et maritimes (autoroutes de la mer) ; nous soutenons un nouveau mode de développement donc de croissance à l'opposé des tenants de la décroissance
6) donner des droits nouveaux aux salariés pour orienter les choix des entreprises.
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